Voici une nouvelle rubrique. Carnets de route, qu’est-ce donc ? Quelques phrases agrémentées de quelques mots au gré de nos pérégrinations. Et quelle plus belle ville pour commencer cette rubrique que la capitale occitane elle-même ?
J’ai beau avoir grandi près de Toulouse, il est certain que mes pulsions d’adolescent boutonneux se satisfaisaient peu de veilles briques et de violettes. Alors y retourner à deux et découvrir ensemble ces rues chargées d’histoire est un véritable régal.
Nos pas nous ont surtout mené aujourd’hui dans le sud du centre ville, entre les Carmes et la place Saint-Georges. On y découvre beaucoup de choses, surtout en levant un peu la tête. Les briques résonnent de l’accent chantant des Toulousains et des larges avenues s’élancent des carrieras sinueuses qui promettent mille découvertes.
Etape préliminaire, une petite remise en forme des petons de ma dulcinée qui avaient arpentés la rue Alsace-Lorraine dans toute sa longueur. La pharmacie est sur la place Rouaix, à deux pas du Palais Consulaire ou Hôtel de Ciron et qui héberge la chambre de commerce et d’industrie.
Retour vers le musée des Augustins où nous fuyons devant la longue file patientant pour visiter le musée des Beaux Arts de Toulouse. Occasion de croiser un joueur d’accordéon dans la rue que nous recroiserons un peu plus tard. Le clocher du couvent des Augustins pointe encore vers le ciel et offre de splendides détails.
Une charmante fontaine laisse filtrer son onde précieuse à l’angle de la rue des Arts et de la rue Antonin Mercié. Un ange musicien rythme l’écoulement de l’eau dans un petit bassin rectangulaire le tout dédié à Xavier Darasse.
Un peu plus loin, des détails de frises sculptées se photographient aisément à l’objectif de 300. On y découvre tout une faune moyenâgeuse, singes, griffons et têtes couronnées (de loin l’espèce la plus fréquente en Europe à l’époque).
Direction la place Saint-Georges (à vrai dire, quelques erreurs de navigation nous y auront mené à deux reprises). Petite place ombragée cernée de restaurants et de terrasses, c’est un lieu vibrant de vie et reposant à la fois.
Tranquillement installés à une table, nous pouvons observer à loisir le mouvement brownien des Toulousains. Fermez les yeux : le bruissement permanent de voix à l’accent chantant, entrecoupés de quelques cris d’enfants extatiques au moment de glisser sur le toboggan, incite à une pause méridionale.
Après quelques instants, un bruit d’accordéon résonne sur la place. C’est Viva Espana qui est joué et si quelques cuivres auraient été les bienvenus, le morceau reste splendide. Malgré une certaine indifférence générale, notre joueur ne se laisse pas décourager et enchaîne plusieurs autres paso doble.
Il était temps pour nous de retrouver les bords de Garonne pour une longue séance de lecture. C’est l’occasion en chemin de faire quelques découvertes. Des statues sur la façade d’un hôtel particulier place de la Trinité ou encore une vieille devanture de magasin de mécanique se vantant de « spécialités agraires » rue de la Madeleine. Impossible de savoir quand le dernier tracteur est venu se faire réparer ici mais cela date un peu à n’en pas douter !
Dernière étape du jour, une pause désaltérante au Bar Basque, place Saint-Pierre pour recouvrer quelques forces avant de rentrer dans nos pénates.








