Cela fait presque 6 ans que Gilbert s’en est allé. Homme droit et forcément peu commode, il s’en est allé dans la vie comme dans la mort : en restant lui-même. Premier à me tendre la main, horsain que j’étais dans la Manche, il était et reste une figure emblématique à de nombreux titres.
Arrivé fin août 2004, je le vis malheureusement jaunir dès octobre et se résigner à se reposer au printemps suivant. Ne mâchant pas ses maux, il revint aux affaires durant une très petite année. 100 jours pour Napoléon, 100 jours pour Gilbert. Il s’éteignit en même temps que l’équipe de France de football en juillet 2006. Soumis à de hautes doses de morphine sur la fin, ses délires le ramenait continuellement à savoir si tous les problèmes étaient réglés. Force est de constater que non.
Au final, il reste sa conviction que le syndicalisme agricole repose d’abord sur une adhésion de masse, forcément sous condition. Un corporatisme, disons-le, mais un corporatisme éclairé, héritier d’un serment de l’unité paysanne si souvent galvaudé depuis 1946. (Lire la suite…)







