Archives de la catégorie ‘Humeur’

Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt


2009
03.07
Soucide collectif

Panégyrique de l’imbécilité, il faut encore une fois repasser sur ces schémas sociétaux qui usent et abusent de la crédulité humaine.

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Les valeurs ou l’absurde rélativité des relations humaines


2009
24.06

L’Homme ressent par dessus tout cette soif d’absolu dont la satiété n’est accomplie que dans l’acceptation universelle de valeurs communes.

Pour cela, certains ont fait la guerre et tous ressentent de la haine. Haine des vérités de l’autre pourtant toutes aussi vraies dans le référentiel limité dans lequel chacun s’inscrit.

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Racines par çi, racines par là


2009
30.05

Dans de précédents messages, j’insistais sur la conséquence probable de l’échange d’informations sur l’identité de l’individu.

Hollywood a parfaitement exploité le filon en se servant ad libitum (ou ad nauseam ?) des émotions humaines. Amour, honneur, autant de ficelles actionnées par les marionnettistes (parfois en grève) du Nouveau Continent. Autant ne pas parler de ceux qui les suivent en Europe ou en Asie, avec autant de génie que de manque d »imagination.

Multiplication d’écoles pour l’Humanité que celles à mi chemin de l’invention et de la facilité.

Le besoin d’identité est quelque chose de très puissant chez l’Homme. « Roots » a été et reste le fondement de logiques de vie. But, which roots ? A l’heure où la culture devient un bien commun au-delà du droit national, nous assistons à de vaines tentatives protectionnistes. Premiers dérapages transnationaux depuis l’Alsace et la Lorraine (raccourci historique pratique pour tout francophone), tout cela pose enfin la question de l’adéquation entre culture et identité.

Soyons plus clair, qu’est-ce que l’identité française au milieu des Bretons, Occitans ou autres Berrichons (liste non exhaustive) ? Elle ne se définit clairement que par opposition des cultures vernaculaires face à l’ingérence d’autres logiques linguistiques. Autrement dit, « Mac Do » fait maintenant partie prenante des idiomes français.

Faut-il pour autant désespérer de notre identité, nos racines ? Certainement pas ! Si le français arrogant est passé de mode en Europe, le Français convaincant y a encore toute sa place. Et puisque la mode est à la clarification des missions, redonnons à nos collectivités territoriales leur compétence : tout échelon territorial devrait avoir le droit d’accompagner financièrement ses particularismes, y compris dans un cadre d’une cohérence de superposition des acteurs politiques.

Nous ne sommes pas tous égaux en Europe et le dogme bien français d’égalité, fraternité et liberté, pour se généraliser, a tout intérêt à s’exprimer en équité, solidarité et liberté. Les grands élans de la révolution de 1789 sont éteints mais leurs ferments restent d’actualité. Le première de nos racines est une mémoire pondérée de nos convictions et de nos expériences. Arrêtons de regarder le sol pour construire demain. Soyons ces arbres, certes enracinés, mais bras tendus vers le ciel en quête d’inexploré, voire d’éternité.

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Grippe A, mexicaine ou porcine : le poids des mots et la culture de l’instant


2009
15.05

Encore un moment intéressant que celui que nous vivons et qui illustre pleinement l’absence de régulation de la communication de nos omnimédias.

L’organisation mondiale de la santé a lancé une alerte 4 concernant une éventuelle pandémie d’une grippe (d’une létalité certes inquiétante).

Est-ce que l’OMS se serait trompée ? Après des manchettes dignes des plus grands films catastrophes, la question semble actuellement releguée à un second plan. et pour cause :

  • l’épidémie continue de se répandre, notamment aux États-Unis
  • il n’y a toujours pas de macchabée providentiel en métropole

Rien n’est réglé concernant la grippe A mais l’urgence a disparu, au moins dans l’information de la population. Est-ce que le risque a diminué ? Non, la pandémie reste une probabilité non négligeable, notamment l’hiver prochain. Est-ce que « A » sonne moins bien que « porcine » ou « mexicaine » ? C’est en tout cas beaucoup plus froid et distant du quidam. Il y a encore trop de cochon en chacun de nous ou trop d’espagnol chez les Mexicains pour que les mots n’aient pas leur poids.

Du poids oui, mais quelle réalité ? Est-ce que nous croirons encore longtemps les prophètes de l’apocalypse qui hantent les couloirs des télévisions ou des journaux ? Le vrai danger, tout le monde le sait, est qu’une véritable urgence passe inaperçue. Pas grave, c’est toujours la faute à d’autres.

Après tout, nous sommes en France, qu’avons nous à faire des mexicains ou des producteurs de porcs ? Que voilà une courte vue digne de beaucoup d’anciens rois de France parmi les plus médiocres.

Si Alexis de Tocqueville estimait que la presse était un contrepouvoir essentiel à la démocratie, de l’eau a coulé sous les ponts. Les éditorialistes sont aujourd’hui des prescripteurs d’opinion et chacun sait l’influence qu’exerce la sacro-sainte « opinion publique » sur l’action politique (dans son sens noble : la vie de la cité, fi des carriéristes).

Mais revenons au feuilleton de la grippe :

  1. premiers cas en Amérique avec une diffusion rapide dans la couche populaire : pas un mot ;
  2. premières suspicions aux Etats-Unis et en Europe : sujet à surveiller ;
  3. alerte 4 de l’OMS (à l’usage des décideurs pour prendre des mesures de prévention) : on  se serait cru au temps de la Baie des Cochons avec un beau DefCon 4 des USA. Experts, contre-experts. Vite, jetons nous sur les masques chirurgicaux, notre fin est imminente !
  4. Toujours aucun mort en France : gardons quelques émissions thématiques sur le service public, ô caillou…

La grippe A, les gens n’ont qu’à faire comme tous les archontes  : s’en laver les mains. Et si les masques tombent, tant pis pour ceux qui n’auraient pas une bonne complémentaire santé !

A tout pouvoir, contre-pouvoir, afin d’en garantir l’équanimité. Sachons créer ceux des médias tout en garantissant les conditions de leur liberté avec comme corolaire que « business is business » et que les scientifiques devront un jour mouiller la chemise. On peut réver de ce qu’on veut, le capitalisme (et la publicité et les investisseurs) est là et il faut bien faire avec.

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De l’impéritie des sociétés


2009
18.04

De retour sur le blog avec un petit esprit misanthrope et spectateur d’un emballement sociétal baptisé du doux nom de « crise ».

Est-ce à dire que la Terre ne tourne plus et que les Galapagos sont définitivement englouties par un spasme chtonien que les associations de protection de l’environnement n’ont pas su traduire en justice ?

La situation actuelle pose véritablement le rôle d’une société moderne : providentielle et protectrice ou élististe et corporatiste ? Voilà un débat vieux comme Hérode, aussi simple que la dichotomie entre le Bien et le Mal, aussi complexe que 6 milliards d’être humains chacun détenteur de son propre bien et propre mal.

A l’origine, la société était bien l’intérêt réciproque de plusieurs individus, mais au-delà des codes, des lois et des usages, fils et fille de la nécessité collective, cette notion a pris des chemins de traverse : mutualisme pour les uns, support de l’achèvement personnel pour les autres et pour la plupart des questions sans réponse. Il faut avoir connu la douleur, physique ou morale, pour mesurer la valeur d’une main tendue.

[ Bien deviné ! Comme tout un chacun, j'ai mon idée sur la question sans pour autant prétendre détenir la vérité. ]

Nos sociétés ont pris un essor formidable avec des distances et des médias qui dépassent largement les aptitudes physiques de l’Homme (mais pas son imagination).

Est-ce que nos anciens modèles gardent leur signification dans un tel contexte ? Est-ce qu’une partie de nos difficultés ne viendraient pas de l’accélération imposée à nos cultures par ces échanges croissants ? Est-ce que l’amour survivra à la pornographie et est-ce que le sexe survivra à la mièvrerie des séries américaines ?

Entre stoïcisme et catastrophisme, il y a heureusement cette frange de personnes qui ont une vision de l’avenir. Mais comment distinguer les crédibles des inventeurs de religion ?

Nos systèmes représentatifs, bien qu’imparfaits par bien des aspects, ont au moins le mérite de confronter ces visions à l’adhésion populaire. Malheureusement, leurs défauts se heurtent à la capacité, récente, d’un individu à peser dans les décisions collectives tout en ne représentant que lui-même.

Montaigne et Montesquieu ont planché sur l’organisation des sociétés, Tocqueville a vanté la démocratie américaine à une époque où les médias étaient quasi inexistants, seule comptait « la société », simple rassemblement de classe sociale en leur temps.

Pouvoirs et contre-pouvoirs sont une nécessité pour l’équilibre de nos sociétés, c’est maintenant une évidence. Mais du triptyque théorisé à l’origine,  législatif, exécutif et judiciaire, s’est rajouté de nombreux paramètres à l’équation : le pouvoir médiatique, le droit de pouvoir améliorer sa condition ou encore l’investissement privé. Ce joyeux mélange cherche encore son équilibre et cause des ravages dans de nombreuses sociétés (qu’est-ce à dire de l’enfant indonésien qui colle des semelles sur des chaussures de sport, rêvant de les porter, et qui seront la cinquième paire, plaisir éphémère, d’un  autre du même âge ?).

Songez-y, tout le monde rêve d’une situation assurée et tout le monde aspire à être au-dessus de son voisin. Collectivité et individualité seront nécessairement les deux axiomes de nos sociétés de demain. Aujourd’hui l’un récuse l’autre et la voie médiane n’a pas été trouvée car elle est changeante, pour preuve les assertions, schizophrènes dans le durée, sur le « formidable » système social français.

Actuellement, le pendule oscille vers le social, gageons que des politiques visant uniquement à la relance du système économique (malgré tout nécessaire) ne saurons que le renvoyer dans l’excès inverse. Nous ne faisons que courir après les évènements. Où sont les visionnaires dans nos sociétés modernes ? Où est le long terme dans nos sondages de l’opinion publique, fille émancipée de l’actualité, versatile et aux porte-paroles trop nombreux ?

Il n’y a plus qu’une théorie de vérités dans la multiplication de nos expériences et (heureusement) aucun despote assez fou pour réinitialiser le système d’une pression de bouton (notre capacité d’autodestruction sur le long terme est portant intacte).

Comme à leurs débuts, nos sociétés restent des communautés d’intérêts réciproques avec, réalité moderne, nul terrain libre où s’épanouir. Alors, État despotique ou responsabilisation de l’individu au nom de l’intérêt collectif ?

La société de demain, car elle devra être globale, devra être respecter une homéostase pour gérer et normaliser :

  • l’expression individuelle, les cultures et acculturations ;
  • l’intégration, non plus de classes sociales, mais d’individus nourris d’un échange global ;
  • les héritages racistes, partisans ou encore démagogiques ;
  • les limites qui se posent maintenant à l’Homme, par ses interactions ou, plus largement, de nature noodynamique (oui, c’est un néologisme pratique en l’occurence, voir noosphère) ;
  • l’élaboration et la diffusion de valeurs communes partagées, respectées mais non imposées ;
  • permettre la compétition individuelle sans préjudice pour la collectivité.

De plus en plus de voix (et de textes) pointent les limites de nos sociétés. Il nous faudra, de gré ou de force, les restructurer profondément. Sachons anticiper et bâtir un projet commun qui transcendera nations, intérêts privés et totalitarismes culturels.

Nous connaissons les enjeux économiques, sociaux et environnementaux qui se posent à nous.

Prenons la voie difficile, car de toute façon nous y sommes sans l’avoir choisie. Il n’y a pas de raccourcis, c’est une route longue et pleine d’inconnu qui nous attend, de même que les générations après les notres. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Pourtant, peu de gloire devant nous car nulle victoire décisive ne nous attend, seulement une éternelle marche en avant.

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