
Mais quelle étrange calligraphie pouvaient bien utiliser les auteurs de l’Occitanie médiévale alors que son rayonnement culturel atteignait son apogée ? Ni plus ni moins que celle de tous les scriptorii du Xe au XIIe siècle : la Caroline et la l’Onciale pour les majuscules.
La Caroline
Cette minuscule carolingienne est le résultat de l’évolution de l’écriture engendrée par l’activité des moines copistes. Ces derniers la mirent au point en harmonie avec les règles calligraphiques établies par Charlemagne, sous l’influence des Anglo-saxons. Le plus bel exemple d’utilisation de la Caroline se trouve sur la Bible qui fut composée à Tours vers l’an 840 de notre ère. La Caroline se répand dans toute l’Europe où elle devient un véritable »standard ».
Elle est née de la volonté d’unification et de centralisation du futur empereur d’Occident, qui impulse un renouveau de la vie intellectuelle et religieuse, avec l’appui de la papauté. Sa mise en œuvre est confiée à Alcuin, conservateur de la bibliothèque d’York, que Charlemagne rencontre à Parme en 781 et qu’il établit en 782 à Aix-la-Chapelle en qualité de précepteur à la cour, où il restera quatorze ans. Le rôle de conseiller qu’Alcuin remplit auprès de Charlemagne est considérable, englobant les domaines de l’enseignement, des affaires intellectuelles, ecclésiastiques et théologiques. En 796, Charlemagne donne une quatrième abbaye à Alcuin: Saint-Martin de Tours, où ce dernier écrira ses ouvrages d’enseignement et dont le scripturaux, sous son impulsion, atteindra un haut niveau de qualité et produira énormément de manuscrits.
L’écriture caroline emprunte à diverses graphies semi-onciales alors usitées: wisigothe, lombarde, mérovingienne, etc., et remet en usage la lettre capitale romaine. La première écriture qui possède les caractéristiques de la caroline provient du scripturaux de Corbie (près d’Amiens) et se trouve dans une Bible dite «de l’abbé Maugrabins», calligraphiée avant 778.
Différents centres ont joué un grand rôle dans l’élaboration de ce nouvel aspect que prend la langue écrite: Aix-la-Chapelle, Autun, Luxeuil, Tours; les scriptoria de Marmoutier, Saint-Denis, Saint-Germain-des-Prés, Corbie, Reims, Saint-Gall, Ratisbonne, Vérone…
La perfection de la caroline est atteinte à la fin du IXe siècle, mais à la fin du XIIe siècle, l’écriture gothique s’impose.
L’écriture caroline se distingue par sa grande lisibilité, grâce à ses proportions harmonieuses, sa rondeur, grâce aussi au fait que les lettres sont bien distinctes et bien détachées les unes des autres; elle reste, à travers l’écriture humaniste du XVIe siècle, encore la nôtre.
Observez bien la Caroline et la police des imprimeurs du XIXème : à peine quelques évolutions ! La plume acier avait pourtant fait s’envoler en boucles et lacets le lettrage de l’époque mais le plomb demandait plus de modération.
L’Onciale
Etroite, presque verticale et réservées elle se caractérise par le prolongement exagéré des hastes des lettres et par l’abondance des ligatures. C’est une écriture ronde, riche en ligature de type précarolingien. Écriture dont les éléments avec contours arrondis prédominants, se distingue de la capitale par la forme de lettre a, b, e, g, h, m, q, t, v. L’onciale qui apparaît au 3 siècle et est utilisé pour les écritures de luxe.
L’origine du mot “onciale” divise les experts : certains affirment qu’elle évoque une quantité (une once), et d’autres qu’il s’agit en fait d’un sobriquet dont on l’aurait affublé pour se moquer de la place importante qu’elle utilisait sur les dispendieux parchemins.
Elle a réussi à prendre son plein essor grâce à son emploi officiel dans tous les textes Chrétiens en devenant le mode d’écriture majeur à partir du IIIème siècle. Son emploi s’est en fait généralisé pour des raisons essentiellement politiques : cette nouvelle écriture est venue s’opposer à la graphie employée par l’empire romain (Rustica et Capitale romaine).
Calligraphier ?
Le seul outil à posséder est une plume latine en biseau (personnellement, j’apprécie les bandzung, mais chacun est libre). Les seuls consommables sont papier et encre. L’alliance de l’oeil, de la main et de l’esprit fera le reste. Les créations contemporaines de calligraphie sont parfois loin des moines du XIe siècle, elles n’en sont pas moins remarquables. Depuis Lascaux jusqu’à aujourd’hui, la trace écrite est plus qu’un graffiti, elle symbolise l’éternité de l’espèce face à l’éphémère de l’individu (du moins jusqu’à ce que nous ayons trouvé le moyen de nous rayer définitivement de la carte).

Esthétique de l'Onciale
Elle est née de la volonté d’unification et de centralisation du futur empereur d’Occident, qui impulse un renouveau de la vie intellectuelle et religieuse, avec l’appui de la papauté. Sa mise en œuvre est confiée à Alcuin, conservateur de la bibliothèque d’York, que Charlemagne rencontre à Parme en 781 et qu’il établit en 782 à Aix-la-Chapelle en qualité de précepteur à la cour, où il restera quatorze ans. Le rôle de conseiller qu’Alcuin remplit auprès de Charlemagne est considérable, englobant les domaines de l’enseignement, des affaires intellectuelles, ecclésiastiques et théologiques. En 796, Charlemagne donne une quatrième abbaye à Alcuin: Saint-Martin de Tours, où ce dernier écrira ses ouvrages d’enseignement et dont le scripturaux, sous son impulsion, atteindra un haut niveau de qualité et produira énormément.
Tags : Calligraphie, caroline, occitanie, onciale



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