Encore un moment intéressant que celui que nous vivons et qui illustre pleinement l’absence de régulation de la communication de nos omnimédias.
L’organisation mondiale de la santé a lancé une alerte 4 concernant une éventuelle pandémie d’une grippe (d’une létalité certes inquiétante).
Est-ce que l’OMS se serait trompée ? Après des manchettes dignes des plus grands films catastrophes, la question semble actuellement releguée à un second plan. et pour cause :
- l’épidémie continue de se répandre, notamment aux États-Unis
- il n’y a toujours pas de macchabée providentiel en métropole
Rien n’est réglé concernant la grippe A mais l’urgence a disparu, au moins dans l’information de la population. Est-ce que le risque a diminué ? Non, la pandémie reste une probabilité non négligeable, notamment l’hiver prochain. Est-ce que « A » sonne moins bien que « porcine » ou « mexicaine » ? C’est en tout cas beaucoup plus froid et distant du quidam. Il y a encore trop de cochon en chacun de nous ou trop d’espagnol chez les Mexicains pour que les mots n’aient pas leur poids.
Du poids oui, mais quelle réalité ? Est-ce que nous croirons encore longtemps les prophètes de l’apocalypse qui hantent les couloirs des télévisions ou des journaux ? Le vrai danger, tout le monde le sait, est qu’une véritable urgence passe inaperçue. Pas grave, c’est toujours la faute à d’autres.
Après tout, nous sommes en France, qu’avons nous à faire des mexicains ou des producteurs de porcs ? Que voilà une courte vue digne de beaucoup d’anciens rois de France parmi les plus médiocres.
Si Alexis de Tocqueville estimait que la presse était un contrepouvoir essentiel à la démocratie, de l’eau a coulé sous les ponts. Les éditorialistes sont aujourd’hui des prescripteurs d’opinion et chacun sait l’influence qu’exerce la sacro-sainte « opinion publique » sur l’action politique (dans son sens noble : la vie de la cité, fi des carriéristes).
Mais revenons au feuilleton de la grippe :
- premiers cas en Amérique avec une diffusion rapide dans la couche populaire : pas un mot ;
- premières suspicions aux Etats-Unis et en Europe : sujet à surveiller ;
- alerte 4 de l’OMS (à l’usage des décideurs pour prendre des mesures de prévention) : on se serait cru au temps de la Baie des Cochons avec un beau DefCon 4 des USA. Experts, contre-experts. Vite, jetons nous sur les masques chirurgicaux, notre fin est imminente !
- Toujours aucun mort en France : gardons quelques émissions thématiques sur le service public, ô caillou…
La grippe A, les gens n’ont qu’à faire comme tous les archontes : s’en laver les mains. Et si les masques tombent, tant pis pour ceux qui n’auraient pas une bonne complémentaire santé !
A tout pouvoir, contre-pouvoir, afin d’en garantir l’équanimité. Sachons créer ceux des médias tout en garantissant les conditions de leur liberté avec comme corolaire que « business is business » et que les scientifiques devront un jour mouiller la chemise. On peut réver de ce qu’on veut, le capitalisme (et la publicité et les investisseurs) est là et il faut bien faire avec.
Tags : contrepouvoir, grippe, médias, OMS, pouvoir


Il fallait sans doute frapper fort il y a quelques semaines pour venir détourner l’attention du concitoyen-consommateur confronté à une réalité cent fois rebattue par les media : La Crise (on parle même de récession aujourd’hui). Quoi de plus terrorisant face à une réalité de baisse de pouvoir d’achat que le spectre d’une gigantesque épidémie dévastatrice qui nous dépasserait tous?
Volonté politique de détourner l’attention ou coincidence des événements….Il était alors question de plancher sur les indécents dividendes touchés par les gros bonnets une fois qu’ils avaient réussi à faire couler la boutique pour se carapater en douce. On commençait aussi à s’intéresser de près aux paradis fiscaux…
La moutarde monte alors inévitablement au nez du travailleur « pauvre » non seulement acculé par son dossier de surendettement et tétanisé par la perspective d’une crise économique dont on dit qu’elle s’installe pour quelques années. Son poste de TV (dont il vient de verser la 8ème mensualité…)lui annonce qu’une minorité continue, sans scrupule aucune, à s’auto-rémunérer avec des stock options générés en partie par de l’argent public!
De trop gros scandales commencent alors à être révélés…La grogne monte, la machine s’emballe, on craint le pire! (au fait, c’est quoi le pire déjà?)
Un joker sort alors : Le spectre d’une épidémie de grande ampleur dont on ne sait si on pourra en controler la propagation! 150 cas avérés au début et circonscrits au Mexique, 55 trois jours plus tard un peu disséminés en Amérique du Nord et seulement 5 une semaine après…OUF! Merci pour l’entracte, du coup, on a oublié le début du film. Hasard ou coincidence des événements? Mais à qui profite le crime?