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Des écosystèmes aux écosociétés


2011
27.05

A l’heure de la génération Y qui veut tout et son contraire, il est courant que les progressistes s’opposent aux réactionnaires mais la plupart gardent comme prémisses une certaine place centrale de l’Homme dans l’organisation de l’Univers.

Fruit du monothéisme, l’anthropocentrisme a la vie dure malgré l’apparence altruiste de certaines initiatives et tout l’héritage des Lumières a poussé nos cultures à croire que l’Homme pouvait dominer la Nature par son ingéniosité.

Force est de constater que tel n’est pas le cas. L’ingéniosité de l’Homme lui permet de décrypter certains mécanismes qu’il s’empresse de reproduire à son profit lorsque cela est possible. Mais il n’y a rien de durable là-dedans car la complexité de l’horlogerie le dépasse toujours et il agit comme un simple quidam pensant avoir compris comment fonctionne une horloge à la simple vue de deux engrenages.

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Les méthodes de gestion forestière : Une reflexion adaptée aux objectifs et aux moyens


2010
16.07

Loupe sur un chêne

La gestion forestière, ou sylviculture, est l’ensemble des pratiques qui permettent d’atteindre les objectifs que le gestionnaire s’assigne en tenant compte des contraintes spécifiques du milieu.

Cette définition un peu fumeuse cache un ensemble de pratiques qui ne sont pas toujours évidentes pour le profane et qui ont différents niveaux d’action. La sylviculture est une projection sur le long terme d’interventions quasi-instantanées à l’échelle du peuplement (éclaircies, balivage, …). Bien souvent le sylviculteur ne voit pas ou peu les conséquences de ses décisions. Cultiver une forêt est, à quelques exceptions près, une affaire de générations.

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Les bonnes et mauvaises forêts : Quelques exemples de symbolique de la forêt en Occident au cours des Ages


2010
12.07

Inspiré du livre de Robert Harrison
In Forêts, Essai sur l´imaginaire occidental
Collection Champs – Flammarion, 1992

La forêt régnait en maîtresse incontestée des terres émergées jusqu’à l’apparition de l’homme. Une apparition timide de prime abord mais qui tourna vite au désavantage de la forêt en Europe occidentale. L’Antiquité a vu la longue agonie de la forêt méditerranéenne qui ne s’en est jamais remise.
La forêt n’a pas pour autant cessé d’être un lieu déroutant, qui exacerbe les émotions. On continue à la retrouver, que ce soit dans le symbolisme des temples ou, au Bas Moyen-âge, lorsque la récession de l’activité humaine lui a permis de regagner une partie de son ancien espace.
Mais la démographie galopante qui culmine avec les grands défrichements du XIe et XIIe siècle ne lui laissa que peu de répit. Là encore le symbolisme de la forêt est toujours très puissant et elle joue un rôle important tant dans le monde réel (brigandage, loup, …) que dans l’imaginaire (romans de geste).
De nos jours, la forêt gagne à nouveau du terrain en France (pas dans les zones équatoriales malheureusement) et sa perception est réellement ancrée dans tout cet imaginaire qui lui est associé.
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De l’impéritie des sociétés


2009
18.04

De retour sur le blog avec un petit esprit misanthrope et spectateur d’un emballement sociétal baptisé du doux nom de « crise ».

Est-ce à dire que la Terre ne tourne plus et que les Galapagos sont définitivement englouties par un spasme chtonien que les associations de protection de l’environnement n’ont pas su traduire en justice ?

La situation actuelle pose véritablement le rôle d’une société moderne : providentielle et protectrice ou élististe et corporatiste ? Voilà un débat vieux comme Hérode, aussi simple que la dichotomie entre le Bien et le Mal, aussi complexe que 6 milliards d’être humains chacun détenteur de son propre bien et propre mal.

A l’origine, la société était bien l’intérêt réciproque de plusieurs individus, mais au-delà des codes, des lois et des usages, fils et fille de la nécessité collective, cette notion a pris des chemins de traverse : mutualisme pour les uns, support de l’achèvement personnel pour les autres et pour la plupart des questions sans réponse. Il faut avoir connu la douleur, physique ou morale, pour mesurer la valeur d’une main tendue.

[ Bien deviné ! Comme tout un chacun, j'ai mon idée sur la question sans pour autant prétendre détenir la vérité. ]

Nos sociétés ont pris un essor formidable avec des distances et des médias qui dépassent largement les aptitudes physiques de l’Homme (mais pas son imagination).

Est-ce que nos anciens modèles gardent leur signification dans un tel contexte ? Est-ce qu’une partie de nos difficultés ne viendraient pas de l’accélération imposée à nos cultures par ces échanges croissants ? Est-ce que l’amour survivra à la pornographie et est-ce que le sexe survivra à la mièvrerie des séries américaines ?

Entre stoïcisme et catastrophisme, il y a heureusement cette frange de personnes qui ont une vision de l’avenir. Mais comment distinguer les crédibles des inventeurs de religion ?

Nos systèmes représentatifs, bien qu’imparfaits par bien des aspects, ont au moins le mérite de confronter ces visions à l’adhésion populaire. Malheureusement, leurs défauts se heurtent à la capacité, récente, d’un individu à peser dans les décisions collectives tout en ne représentant que lui-même.

Montaigne et Montesquieu ont planché sur l’organisation des sociétés, Tocqueville a vanté la démocratie américaine à une époque où les médias étaient quasi inexistants, seule comptait « la société », simple rassemblement de classe sociale en leur temps.

Pouvoirs et contre-pouvoirs sont une nécessité pour l’équilibre de nos sociétés, c’est maintenant une évidence. Mais du triptyque théorisé à l’origine,  législatif, exécutif et judiciaire, s’est rajouté de nombreux paramètres à l’équation : le pouvoir médiatique, le droit de pouvoir améliorer sa condition ou encore l’investissement privé. Ce joyeux mélange cherche encore son équilibre et cause des ravages dans de nombreuses sociétés (qu’est-ce à dire de l’enfant indonésien qui colle des semelles sur des chaussures de sport, rêvant de les porter, et qui seront la cinquième paire, plaisir éphémère, d’un  autre du même âge ?).

Songez-y, tout le monde rêve d’une situation assurée et tout le monde aspire à être au-dessus de son voisin. Collectivité et individualité seront nécessairement les deux axiomes de nos sociétés de demain. Aujourd’hui l’un récuse l’autre et la voie médiane n’a pas été trouvée car elle est changeante, pour preuve les assertions, schizophrènes dans le durée, sur le « formidable » système social français.

Actuellement, le pendule oscille vers le social, gageons que des politiques visant uniquement à la relance du système économique (malgré tout nécessaire) ne saurons que le renvoyer dans l’excès inverse. Nous ne faisons que courir après les évènements. Où sont les visionnaires dans nos sociétés modernes ? Où est le long terme dans nos sondages de l’opinion publique, fille émancipée de l’actualité, versatile et aux porte-paroles trop nombreux ?

Il n’y a plus qu’une théorie de vérités dans la multiplication de nos expériences et (heureusement) aucun despote assez fou pour réinitialiser le système d’une pression de bouton (notre capacité d’autodestruction sur le long terme est portant intacte).

Comme à leurs débuts, nos sociétés restent des communautés d’intérêts réciproques avec, réalité moderne, nul terrain libre où s’épanouir. Alors, État despotique ou responsabilisation de l’individu au nom de l’intérêt collectif ?

La société de demain, car elle devra être globale, devra être respecter une homéostase pour gérer et normaliser :

  • l’expression individuelle, les cultures et acculturations ;
  • l’intégration, non plus de classes sociales, mais d’individus nourris d’un échange global ;
  • les héritages racistes, partisans ou encore démagogiques ;
  • les limites qui se posent maintenant à l’Homme, par ses interactions ou, plus largement, de nature noodynamique (oui, c’est un néologisme pratique en l’occurence, voir noosphère) ;
  • l’élaboration et la diffusion de valeurs communes partagées, respectées mais non imposées ;
  • permettre la compétition individuelle sans préjudice pour la collectivité.

De plus en plus de voix (et de textes) pointent les limites de nos sociétés. Il nous faudra, de gré ou de force, les restructurer profondément. Sachons anticiper et bâtir un projet commun qui transcendera nations, intérêts privés et totalitarismes culturels.

Nous connaissons les enjeux économiques, sociaux et environnementaux qui se posent à nous.

Prenons la voie difficile, car de toute façon nous y sommes sans l’avoir choisie. Il n’y a pas de raccourcis, c’est une route longue et pleine d’inconnu qui nous attend, de même que les générations après les notres. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Pourtant, peu de gloire devant nous car nulle victoire décisive ne nous attend, seulement une éternelle marche en avant.

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