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	<title>Blogouille &#187; quotas laitiers</title>
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	<description>Le blog de la bafouille</description>
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		<title>Mais où s&#8217;arrête le village Gaulois ?</title>
		<link>http://blog.bafouille.fr/poli_agro/mais-quelle-est-la-frontiere-du-village-gaulois/</link>
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		<pubDate>Sat, 02 Oct 2010 21:58:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bafouille</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique et agrolitique]]></category>
		<category><![CDATA[agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[alimentation]]></category>
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		<description><![CDATA[Après une année 2009 mouvementée côté producteurs de lait, l&#8217;année 2010 voit une certaine rationalisation du prix mais pas des esprits. Le niveau de prix actuel, comparé aux charges, semble pouvoir permettre une rémunération correcte pour les éleveurs laitiers. Malgré cela, certains surfent sur la sympathie acquise en 2009 pour dénoncer un manque de revenu. Si la question de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-959" title="Des produits du groupe Lactalis" src="http://blog.bafouille.fr/wp-content/uploads/2010/10/lactalis.jpg" alt="Des produits du groupe Lactalis" width="524" height="102" /></p>
<p style="text-align: left;">Après une année 2009 mouvementée côté producteurs de lait, l&#8217;année 2010 voit une certaine rationalisation du prix mais pas des esprits.<span id="more-958"></span></p>
<p>Le niveau de prix actuel, comparé aux charges, semble pouvoir permettre une rémunération correcte pour les éleveurs laitiers. Malgré cela, certains surfent sur la sympathie acquise en 2009 pour dénoncer un manque de revenu. Si la question de la répartition de la valeur ajoutée (i.e. création de richesse, i.e. quelle est la valeur communément admise d&#8217;une matière/objet/prestation) reste une vraie question quand il s&#8217;agit d&#8217;alimentation, faut-il pour autant en abuser comme crédibilité médiatique, autrement dit besoin d&#8217;exister ?</p>
<div id="attachment_977" class="wp-caption alignleft" style="width: 220px"><a href="http://blog.bafouille.fr/wp-content/uploads/2010/10/roue-medias-sociaux.jpg" target="_blank" rel="lightbox[958]"><img class="size-medium wp-image-977    " title="Les médias - Une pieuvre omniprésente" src="http://blog.bafouille.fr/wp-content/uploads/2010/10/roue-medias-sociaux-300x280.jpg" alt="Les médias - Une pieuvre omniprésente" width="210" height="196" /></a><p class="wp-caption-text">Les médias - Une pieuvre omniprésente</p></div>
<p>je ne reviendrai pas ici sur les <a title="Grippe A, mexicaine ou porcine : le poids des mots et la culture de l’instant" href="http://blog.bafouille.fr/humeur/grippe-a-mexicaine-ou-porcine-le-poids-des-mots-et-la-culture-de-linstant/" target="_blank">contre-pouvoirs qui seraient nécessaires au &laquo;&nbsp;nouveau&nbsp;&raquo; pouvoir médiatique</a>. La ficelle des paysans suicidaires n&#8217;est pas plus épaisse que celle qui prévaut dans d&#8217;autres catégories socioprofessionnelles mais elle est finira par s&#8217;user à force d&#8217;en abuser (cela n&#8217;enlève toutefois rien aux réelles difficultés de certains agriculteurs mais qui sont généralement multifactorielles).</p>
<p>La vraie question n&#8217;est pas de départager paysan et &laquo;&nbsp;agrimanager&nbsp;&raquo; mais bien de savoir qui tire profit de l&#8217;affrontement entre agriculteurs.</p>
<p>Pierre-Augustin de Beaumarchais écrivait dans Le Barbier de Séville :</p>
<blockquote><p>En occupant les gens de leur propre intérêt, on les empêcher de nuire à l&#8217;intérêt d&#8217;autrui</p></blockquote>
<p>Cela a déjà fonctionné pour les GMS (grandes et moyennes surfaces, autrement dit les grands magasins), qu&#8217;en est-il de leur fournisseurs laitiers ? A ce jour, Ils se montrent très attentifs à la concurrence allemande. Mais qu&#8217;en est-il exactement ? Est-ce que le savoir-faire (i.e. la valeur ajoutée) est identique passé le Rhin ? Loin de là, le pays au 300 fromages a  des atouts sérieux quant il s&#8217;agit d&#8217;excellence. Il est aussi très doué quand il s&#8217;agit de se tirer une balle dans le pied. Notre créativité et notre richesse ont été galvaudés au nom de la mondialisation et d&#8217;une standardisation des produits.</p>
<p>Revenons-en à nos questions d&#8217;intérêt. Quel est celui de tout vendeur de produits laitiers ? Etant donné que tout le monde a accès aux technologies de transformation du lait sauf à les inventer lui-même, le coût de la matière première a son importance.  Il est question de contractualisation, mais qu&#8217;est-ce à dire ? Un contrat énumère l&#8217;ensemble des conditions de cession d&#8217;un produit/prestation  sur lesquelles deux (a minima) parties s&#8217;entendent. Le contrat n&#8217;est donc que le résultat d&#8217;une négociation qui, elle, dépend de l&#8217;offre et de la demande pondérée de la connaissance respective de la viabilité des contractants. Autrement dit, cela revient à ne chercher que les marchés solvables sur les questions alimentaires, eux-mêmes dépendant de l&#8217;intégrité des économies nationales. Une telle évidence ne saurait cacher aucune perversité si ce n&#8217;est que s&#8217;alimenter reste un besoin fondamental que l&#8217;on soit pauvre ou riche.</p>
<p><a href="http://blog.bafouille.fr/wp-content/uploads/2010/10/cniel.jpg" rel="lightbox[958]"><img class="alignright size-full wp-image-978" title="cniel" src="http://blog.bafouille.fr/wp-content/uploads/2010/10/cniel.jpg" alt="" width="200" height="123" /></a>Alors pourquoi ça ne fonctionne pas ? Tout d&#8217;abord, certains n’ont pas de scrupules à être des affameurs, gestionnaires de pénurie. Ensuite, la production n&#8217;est ni régulière dans le temps ni dans les lieux. Enfin, la création de richesse a des limites écologiques qui deviennent également économiques ou sociales à un certain point.</p>
<p>Quel est le rapport avec le lait français et, pour les plus observateurs d&#8217;entre vous, le groupe Lactalis ? Le groupe Lavalois, à l&#8217;instar de beaucoup d&#8217;autres, comme Bel ou Danone, se présente comme l&#8217;acteur incontournable du débouché de la laiterie française. Travailler avec eux un vrai sujet de nos jours. Les affronter sur le terrain économique est inconcevable pour les éleveurs laitiers. Il faudra pourtant arriver à un équilibre, sans cela les producteurs laitiers seront réduits au statut de mineurs de vaches.</p>
<p>La première mise en marché du lait relève aujourd&#8217;hui de l’interprofession laitière (CNIEL). Dans le même temps, on lui dénie ce droit. En juillet 2008, la DGCCRF, les fraudes, lui intiment l&#8217;ordre d&#8217;arrêter ses recommandations d&#8217;évolution de prix. S&#8217;en suit un exercice d&#8217;acrobate qui trouve son aboutissement dans l&#8217;occupation de la Maison du Lait par la Confédération Paysanne ce septembre 2010. Vu la nature de l&#8217;action du CNIEL, on aurait pu attendre de la part de ceux qui l&#8217;occupent un semblant de projet économique pour les éleveurs français. Que nenni, les attaques en règle du syndicalisme majoritaire constitue l&#8217;essentiel de l&#8217;ordre du jour et cette lutte fratricide bénéficie plutôt aux entreprises laitières.</p>
<p>Le tradition corporatiste agricole française est exploitée jusqu&#8217;à ses moindres défauts par ceux qui n&#8217;ont pas su émarger par les &laquo;&nbsp;canaux traditionnels&nbsp;&raquo;. Pascal Massol, numéro 6 sur la liste Coordination Rurale aux dernières élections de la chambre d&#8217;agriculture de l&#8217;Aveyron, a su rebondir sur ses anciens relais d&#8217;inséminateur Prim&#8217;Hosltein pour se porter leader d&#8217;un mouvement qui, s&#8217;il peine à mobiliser de nos jours, n&#8217;hésite pas utiliser des propos démagogiques pour déstabiliser le syndicat majoritaire.</p>
<p><a href="http://blog.bafouille.fr/wp-content/uploads/2010/10/379.jpg" rel="lightbox[958]"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-979" title="Conflit" src="http://blog.bafouille.fr/wp-content/uploads/2010/10/379-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a>Pendant que la profession agricole se déchire, le législateur lui dit qu&#8217;il créée des outils de &laquo;&nbsp;régulation&nbsp;&raquo;. Il ne s&#8217;agit en fait que de fourre-touts qui dépendront largement ce qu&#8217;en feront les filières et les producteurs. La langue de bois du ministre ne doit en aucun cas minimiser l&#8217;exposition de l&#8217;agriculture française à la très distordue loi de l&#8217;offre de et de la demande. Le problème est que trop occupés à s&#8217;affronter entre eux, il est fort possible que les éleveurs laissent passer la chance de s&#8217;organiser collectivement pour reprendre la première mise en marché de leur production en créant des entités capables de discuter d&#8217;égal à égal avec des groupes comme Lactalis sur le plan économique.</p>
<p>Bref, on offre aux Français un Lactalis capable d&#8217;intéressements supranationaux ou l&#8217;imaginaire d&#8217;une réelle force de frappe de producteurs de lait de chez nous, capables de botter le cul des entreprises et des idéologies et surtout d&#8217;être économiquement crédible.</p>
<p>Pourquoi ne pas sortir de nos villages gaulois et concilier les deux ?</p>
<p><a class="a2a_dd a2a_target addtoany_share_save" href="http://www.addtoany.com/share_save#url=http%3A%2F%2Fblog.bafouille.fr%2Fpoli_agro%2Fmais-quelle-est-la-frontiere-du-village-gaulois%2F&amp;title=Mais%20o%C3%B9%20s%26%238217%3Barr%C3%AAte%20le%20village%20Gaulois%20%3F" id="wpa2a_2"><img src="http://blog.bafouille.fr/social.gif" alt="Share"/></a></p>]]></content:encoded>
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		<title>On m&#8217;appelle Simplet</title>
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		<pubDate>Fri, 22 Jan 2010 00:14:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bafouille</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique et agrolitique]]></category>
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		<description><![CDATA[D&#8217;une excellente chanson de Fernandel, on se souviendra toujours du refrain : On m’appelle Simplet, l’innocent du village, Doux comme un agnelet, je mène la vie d’un sage, Chantant, gaiement, moi je vis de l’air du temps, Je dois tout ca, aux conseils de mon papa ! Je garde son secret, c’est mon seul héritage, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.bafouille.fr/wp-content/uploads/2009/12/apli.jpg" rel="lightbox[564]"><img class="size-full wp-image-566" title="apli" src="http://blog.bafouille.fr/wp-content/uploads/2009/12/apli.jpg" alt="Pancarte d'&quot;apliculteur&quot;" width="560" height="90" /></a></p>
<p>D&#8217;une excellente chanson de Fernandel, on se souviendra toujours du refrain :</p>
<blockquote><p>On m’appelle Simplet, l’innocent du village,<br />
Doux comme un agnelet, je mène la vie d’un sage,<br />
Chantant, gaiement, moi je vis de l’air du temps,<br />
Je dois tout ca, aux conseils de mon papa !<br />
Je garde son secret, c’est mon seul héritage,<br />
Mon bonheur est complet, on m’appelle Simplet…</p></blockquote>
<p>Voilà bien une doctrine que beaucoup feraient coller sans trop de problèmes à la profession agricole. Certes, tout comme &laquo;&nbsp;papa&nbsp;&raquo;, les paysans s&#8217;invitent encore de temps en temps dans les centre-villes mais rien de bien nouveau sous le soleil de France jusque-ici.<span id="more-564"></span></p>
<h2>Bon sens ou politique, il faut choisir</h2>
<p>Mais quel est donc ce paysan auquel Fernandel aurait pu faire allusion ? A celui qui regardait la lune pour savoir quand viendrait le bon moment de semer ? A celui qui en 1789 brandissait une fourche républicaine (ou royaliste) à la Révolution (qui fut finalement plus urbaine que rurale d&#8217;ailleurs) ? A celui qui n&#8217;a d&#8217;autre ambition que de nourrir sa famille ?<br />
On oublie trop souvent qu&#8217;avant de pouvoir se poser de grandes questions, il faut avoir répondu à d&#8217;autres aussi insignifiantes que se nourrir, se vêtir ou se loger. Le propre de l&#8217;Homme est de vouloir organiser la vie des autres quand la sienne est assurée mais aussi de bouleverser celle des autres quand la sienne est menacée.</p>
<h2>Le corporatisme en dépit du bons sens</h2>
<p>Mais de quoi se nourrit le mouvement de certains producteurs de lait ? L&#8217;Apli,  la Coordination Rurale, auparavant dans les céréales,  maintenant dans le lait, trouve son fondement dans le refus des faits au profit d&#8217;un idéal illusoire. Pascal Massol, président de l&#8217;Apli, répétait à l&#8217;envie au mois de septembre :</p>
<blockquote><p>J’appelle à l’ouverture des vannes, dès la traite de ce soir, jeudi 10 septembre 2009 !<br />
Ce mouvement de protestation Européenne est une première d’autant qu’il est initié par des paysans !<br />
Nous sommes en train de construire l’Europe&#8230;</p></blockquote>
<p>Du mouvement européen, on retiendra surtout une baisse de 7% de la collecte française sur les semaines de &laquo;&nbsp;grève du lait&nbsp;&raquo; et un frémissement allemand après un fort mouvement en 2008, pas plus européen que celui de 2009. Est-ce à dire que l&#8217;Apli et la Coordination Rurale (ayant également appelé à la cessation des livraisons de lait au travers de sa branche spécialisée, l&#8217;OPL) pratiquent la méthode Coué ou que le Simplet de Fernandel n&#8217;avait rien compris ?</p>
<h2>De la Coordination Rurale à l&#8217;Apli</h2>
<p>En 1991, la Coordination Rurale s&#8217;est voulue un mouvement &laquo;&nbsp;trans-syndical&nbsp;&raquo; pour refuser la réforme de la Pac que la FNSEA s&#8217;efforçait d&#8217;amender dans la plus pure exception syndicale française. Résultat : quelques avancées pour le syndicalisme majoritaire, certainement insuffisantes par rapport aux exigences du moment des agriculteurs, un échec pour la Coordination Rurale. Échec sur le plan national car dans quelques départements, surtout à vocation céréalière, elle a su fédérer les mécontentements et mettre à bas le syndicalisme majoritaire en s&#8217;appuyant notamment sur la moribonde FFA. Transformée en syndicat agricole en 1994, la Coordination Rurale peine à trouver sa place et son champ d&#8217;action se réduit dans son aire historique des grandes cultures et des agronomes libéraux.<br />
Pour faire simple : en 1991, les meilleurs des cultivateurs craignaient pour leur avenir, ils ont fondé la Coordination en absorbant au fil des années, politiquement et foncièrement, ceux qui étaient plus faibles. Fin 2008, les meilleurs des éleveurs laitiers craignent pour leur avenir et reprennent le même schéma que 1991.<br />
Mais comment un tel mouvement, digne de Chronos, peut-il se perpétuer ?</p>
<p>L&#8217;organisation des producteurs de lait (OPL) affiliée à la Coordination Rurale n&#8217;a jamais vraiment trouvé sa place dans l&#8217;élevage. Il lui est donné une nouvelle chance avec l&#8217;émergence du mouvement apliste : son président Pascal Massol, candidat sur liste Coordination Rurale dans l&#8217;Aveyron, ex-inséminateur et président de l&#8217;Upra Prim&#8217;Holstein, a su exploiter les syndicats de race pour diffuser un message de révolte.</p>
<p>Révolte contre quoi ? Militant officiellement pour un prix du lait &laquo;&nbsp;rémunérateur&nbsp;&raquo; à 400 €/1000 L, le mouvement multiplie les attaques contre le syndicalisme majoritaire qui est particulièrement vulnérable pour deux raisons :</p>
<ul>
<li>l&#8217;élevage, de par les choix politiques de l&#8217;époque, avaient été épargné (mais aussi moins soutenu) par la réforme de 1992 et, ainsi, n&#8217;avait guère laissé de prise à la Coordination Rurale. Les postures d&#8217;opposition pures et dures sont donc nouvelles et crédibles car pas encore stériles;</li>
<li>la solidarité entre éleveurs n&#8217;est pas un vain mot et les rumeurs vont bon train, surtout lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de stigmatiser, paradoxe de la <em>lingua franca</em>, le professionnalisme des responsables professionnels.</li>
</ul>
<h2>L&#8217;apli vers soi et vice versa</h2>
<p>Dès lors le terrain est ouvert à l&#8217;individualisme en élevage. Exploitant les nombreuses erreurs de communication du syndicalisme majoritaire, l&#8217;Apli et la Coordination Rurale réussissent ce que la Confédération Paysanne avait vainement tenté. Là où la Conf&#8217; avait cherché à fédérer autour d&#8217;une vision agricole basée sur le social plutôt que sur l&#8217;économie, les autres utilisent de vieilles recettes visant à semer le doute sur la compétence et les objectifs des &laquo;&nbsp;dirigeants&nbsp;&raquo;. Menant la jacquerie contre une intelligentsia imaginaire, l&#8217;Apli et la Coordination Rurale ne présente pourtant que des revendications démagogiques mais terriblement attractives pour des éleveurs en manque de perspectives.</p>
<p><a class="a2a_dd a2a_target addtoany_share_save" href="http://www.addtoany.com/share_save#url=http%3A%2F%2Fblog.bafouille.fr%2Fpoli_agro%2Fon-mappelle-simplet%2F&amp;title=On%20m%26%238217%3Bappelle%20Simplet" id="wpa2a_4"><img src="http://blog.bafouille.fr/social.gif" alt="Share"/></a></p>]]></content:encoded>
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		<title>Le lait accroche au fond de la casserole des quotas</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Sep 2009 22:06:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bafouille</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique et agrolitique]]></category>
		<category><![CDATA[contractualisation]]></category>
		<category><![CDATA[crise laitière]]></category>
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		<description><![CDATA[Entérinée en grandes pompes lors de la dernière réforme de la politique agricole commune, la fin des quotas semble stigmatiser la colère paysanne alors que la crise que connaissent les éleveurs est d&#8217;abord la résultante de l&#8217;arrêt de l&#8217;intervention européenne dans la gestion des marchés. L&#8217;impossible adéquation entre offre et demande La production laitière a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-374  aligncenter" title="Le lait accroche au fond de la casserole des quotas" src="http://blog.bafouille.fr/wp-content/uploads/2009/09/lait.jpg" alt="Le lait accroche au fond de la casserole des quotas" width="530" height="82" /></div>
<p>Entérinée en grandes pompes lors de la dernière réforme de la politique agricole commune, la fin des quotas semble stigmatiser la colère paysanne alors que la crise que connaissent les éleveurs est d&#8217;abord la résultante de l&#8217;arrêt de l&#8217;intervention européenne dans la gestion des marchés.</p>
<p><span id="more-372"></span></p>
<h2>L&#8217;impossible adéquation entre offre et demande</h2>
<p>La production laitière a été plutôt mouvementée ces trois dernières années. Un peu d&#8217;histoire pour mieux comprendre :</p>
<ul>
<li>2007 : Une sécheresse persistante en Australie et Nouvelle-Zélande, traditionnellement gros pourvoyeurs du (faible) marché mondial laitier, provoque une baisse importante de la production. Dans le même temps, l&#8217;Inde et la Chine, dopée par une croissance soutenue (eh, ce n&#8217;était pas encore la crise !), augmentent leurs achats. Rajoutons une pincée de report spéculatif sur les marchés agroalimentaires du fait de l&#8217;envolée du pétrole et nous obtenons une hausse sans précédent des produits laitiers dits &laquo;&nbsp;industriels&nbsp;&raquo; (beurre vrac, poudre de lait, lactosérum).</li>
<li> 2008 : L&#8217;accord français, avec un lissage entre l&#8217;évolution des marchés laitiers et la répercussion sur le prix à la production commence à s&#8217;appliquer en fin d&#8217;année. Dans le même temps, les marchés se sont retournés et les entreprises renâclent car l&#8217;Union Européenne n&#8217;intervient quasiment plus pour limiter la baisse des produits industriels. Sous la pression des producteurs mobilisés par  la FNSEA, ils finissent par céder jusqu&#8217;à la fin de campagne laitière, soit le 31 mars 2009.</li>
<li> 2009 : Les marchés des produits industriels sont définitivement dégradés et l&#8217;équation de la valeur ajoutée se complique selon les fabrications de chaque entreprise. La Commission Européenne confirme les choix très libéraux de la politique agricole commune.</li>
</ul>
<h2>Mais que s&#8217;est-il passé, bon&#8217;dla ?</h2>
<p>Les éleveurs laitiers se trouvent brutalement confrontés à quelque chose dont ils n&#8217;avaient plus l&#8217;habitude : la volatilité des marchés. Pour faire simple :</p>
<ul>
<li>50% du lait français sert à fabriquer les fromages, yaourts et autres produits laitiers que le Français consomme,</li>
<li>20% du lait français sert à fabriquer les mêmes choses, mais vendues ailleurs en Europe,</li>
<li>30% du lait français est transformé en produits de masse comme la poudre de lait ou le beurre en vrac.</li>
</ul>
<p>Les 30% destinés aux produits industriels sont sur des marchés très volatils, dictés par une très faible quantité de lait (moins de 7% du lait européen) échangée sur le marché mondial. Les cours ont ainsi varié d&#8217;un facteur de 1 à 6 ces trois dernières années.</p>
<p>Depuis 1957, début de la PAC, l&#8217;Union Européenne activait un filet de sécurité (intervention et restitutions) lorsque les cours des produits industriels descendait trop bas. Conclusion :</p>
<ul>
<li>si les cours était haut, les industriels empochaient les bénéfices et, éventuellement, en répercutait une partie sur le prix du lait payé au producteur (ça n&#8217;a pas toujours coulé de source !),</li>
<li>si les cours étaient bas, le contribuable européen finançait le filet de sécurité.</li>
</ul>
<p>C&#8217;est ce qui a conduit aux fameuses &laquo;&nbsp;montagnes&nbsp;&raquo; de beurre du début des années 80. Il fallait donc enrayer la spirale infernale de la dépense publique. La solution : les quotas laitiers mis en place en 1984 et basés sur la production historique des éleveurs. S&#8217;en est suivi la création de toute une administration destinée à les gérer avec des visions fort différentes en Europe : droit à produire non marchand en France, capital négociable dans les pays Anglo-saxons.</p>
<p>Avec l&#8217;arrivée des PECO dans l&#8217;UE, les visions des quotas laitiers devenaient bien trop divergentes pour que ceux-ci y survivent. Le bilan de santé de la PAC en 2003 les a logiquement condamnés pour 2014. Leur disparition a d&#8217;ailleurs été voté à l&#8217;unanimité.</p>
<p>Parallèlement et OMC oblige, l&#8217;Union Européenne démantèle peu à peu les dispositifs de régulation des marchés de la PAC (les Américains, plus finauds, n&#8217;en font rien). En 2003 itou, la Commission Européenne a sonné le glas de son action sur les marchés laitiers avec une disparition progressive de 2004 à 2006. A la place apparaît une aide directe aux éleveurs laitiers, maintenant incluse dans le droit à paiement unique. L&#8217;UE continue de pratiquer l&#8217;intervention sur la poudre de lait mais à des niveaux de prix si bas qu&#8217;elle était persuadée qu&#8217;elle n&#8217;aurait pas à le faire quand ils ont été fixés en 2003. La conjoncture est pourtant tellement mauvaise, que la Commission a du se résoudre à la mettre en œuvre.</p>
<p>La boucle est bouclée :</p>
<ul>
<li>L&#8217;énorme volatilité qu&#8217;ont connu les marchés des produits industriels n&#8217;est plus compensée par l&#8217;Union Européenne,</li>
<li>Les quotas sont voués à disparaître. Ils n&#8217;ont de toute façon jamais eu la flexibilité suffisante pour s&#8217;adapter aux fluctuations de prix de marchés non régulés,</li>
<li>La disparition des outils de régulation a été dans un premier temps indolore pour la filière laitière car les marchés étaient bons,</li>
<li>Maintenant que les marchés sont mauvais, les entreprises dont les fabrications sont essentiellement constituées de produits industriels sont particulièrement vulnérables et appliquent une politique du moins-disant sur le prix du lait à la production. Les entreprises mieux positionnées s&#8217;alignent bien évidemment sur ce prix.</li>
</ul>
<p>Pourtant les éleveurs français, en se mobilisant encore une fois au printemps à l&#8217;appel de FNSEA, ont obtenu le meilleur prix européen (à l&#8217;exception de la Finlande dont la production est anecdotique). Avec 280 €/1000 L en France, 220 €/1000 L en Allemagne et 180 €/1000 L en Belgique, les conséquences sont inévitables : non content de mévendre les produits industriels, la France perd des parts de marché sur les produits de grande consommation (fromages, yaourts&#8230;). Sur les 4 premiers mois de 2009, le solde du commerce extérieur &laquo;&nbsp;produits laitiers&nbsp;&raquo; est en baisse de 3,4%. Quand on sait qu&#8217;une variation de 1% en volume peut entraîner une variation de 4 à 5% sur le prix, les conséquences sont redoutables.</p>
<p>A cela s&#8217;ajoute l&#8217;inexpérience des laitiers face à des variations brutales du prix du lait. Au-delà du péril économique dans lequel se trouve les exploitations laitières française s&#8217;ajoute une désespérance des éleveurs du fait du manque de perspectives. C&#8217;est sur ce terrain que germe l&#8217;idée d&#8217;une grève du lait. L&#8217;idée peut sembler séduisante mais l&#8217;économie laitière actuelle semble bien incapable de servir un prix plus élevé aux producteurs.</p>
<p>La piste pour assurer un revenu et la pérennité des exploitations est bien plutôt du côté des charges. Celles-ci faiblissent mollement après une brusque flambée fin 2007, largement liée au pétrole. Si ce dernier a baissé depuis, ce n&#8217;est pas vraiment le cas des charges en élevage laitier. La FNSEA demande ainsi des mesures fortes en faveur de la trésorerie et de la réduction des charges. Pas seulement pour le lait d&#8217;ailleurs, mais également pour le porc, la viande bovine, les fruits et légumes&#8230; Malheureusement, il n&#8217;y a guère de productions agricoles épargnées par les contrecoups de la crise mondiale.</p>
<h2>L&#8217;alimentation est-elle une marchandise ?</h2>
<p><img class="alignright size-full wp-image-381" title="Conséquences de la colère des producteurs de lait en Bretagne" src="http://blog.bafouille.fr/wp-content/uploads/2009/09/lait21.jpg" alt="Conséquences de la colère des producteurs de lait en Bretagne" width="224" height="250" />Est-ce que tout cela aurait pu être évité dans le lait ? Oui, pour partie. Les décisions européennes auraient certainement pu (du ?) être anticipées depuis plus de 10 ans mais l&#8217;immobilisme (faut-il dire la rente ?) des entreprises reste surprenant.</p>
<p>La vocation des quotas n&#8217;a jamais été l&#8217;adéquation de l&#8217;offre et de la demande, essentielle à la gestion d&#8217;un niveau de prix, mais n&#8217;a répondu qu&#8217;à des impératifs de limitation des dépenses publiques. La Commission Européenne, très libérale, mise sur une concurrence exacerbée pour stimuler la compétitivité et baisser le prix. Cela signifie également une concentration accrue de la production laitière, en totale opposition avec une vision multifonctionnelle de l&#8217;agriculture.</p>
<p>Les responsables politiques français manient d&#8217;ailleurs avec brio la langue de bois en la matière. Ils votent des deux mains les propositions de la Commission Européenne et, revenant au pays, dénoncent cette affreuse bureaucratie européenne qui dépeuple les campagnes et exploite les agriculteurs.</p>
<p>Encore une fois se pose la question, avec toujours plus d&#8217;acuité, de la place de l&#8217;alimentation dans nos sociétés consuméristes. Enjeu majeur de l&#8217;après-guerre, l&#8217;autosuffisance est aujourd&#8217;hui reléguée loin derrière le capitalisme mondial. Fut un temps, et sont encore des lieux, où l&#8217;agriculture vivrière fut/est une réalité incontournable. On a beau savoir qu&#8217;il faut manger, on oublie de plus en plus souvent que cela ne peut pas toujours s&#8217;acheter.</p>
<h3>Sur la toile :</h3>
<ul>
<li><a title="Rapport su Sénateur Jean Bizet sur le prix du lait en Europe" href="http://www.senat.fr/noticerap/2008/r08-481-notice.html" target="_blank">Rapport du Sénateur Jean Bizet sur le prix du lait</a><img class="alignnone size-full wp-image-401" style="display: inline; vertical-align: bottom;" title="Lien externe (s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre/onglet)" src="http://blog.bafouille.fr/wp-content/uploads/2009/09/external.png" alt="Lien externe (s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre/onglet)" width="10" height="10" /></li>
</ul>
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